Exposition “ÊTRE CHARRETTE “
dans le cadre du Printemps de l’Art Contemporain à Marseille

17 octobre – 12 novembre 2020 

Un duo show Lorraine Thomas – James Tabbush dans le cadre du Printemps de l’Art Contemporain à Marseille
Une exposition sur le thème de la migration, du temps qui se crée entre l’action de de- construire et de re – construire, dans l’art et dans la vie.

Vernissage : samedi 17 octobre, à partir de 14h

EMPRISE, 22 cours Franklin Roosevelt, 13001 Marseille

Horaires d’ouverture: mercredi et samedi 14h – 18h
et sur rendez vous : 07 67 73 13 32
Contact@emprise-marseille.fr


” Charrette, c’est un peu l’histoire de l’arche de Noé à l’envers. Elle quitte également un pays en rupture avec l’Europe. “ (L T)

En 2013, Lorraine Thomas créé Charrette lors de la déconstruction d’une grande unité de stockage à Londres. Elle devient successivement unité de rangement, banc, lit simple ou double, objet familier de l’atelier, objet d’art de la galerie. Quatre ans plus tard, un divorce, le Brexit et l’objet devient le symbole de la maison minimum sur laquelle migrer. Démantelée pour son transport vers Marseille, le symbole de mouvement infini est aussi détruit.

“ Ce n’est pas Charrette que vous verrez exposée mais quelque chose d’entièrement nouveau” avait annoncé Lorraine avant d’aller chercher Charrette à Londres au mois de juillet, pensant ainsi détruire l’objet et le symbole. Le nouvel objet serait stable, ses roues ne serviraient pas à rouler, je n’utiliserais rien de plus ni de moins que les morceaux de bois, les vis et détritus de Charrette : un challenge.

“J’ai essayé de construire cette chose entièrement nouvelle, mais je me suis rendu compte que je n’avais besoin de rien – Charrette c’était une évidence, un objet familier, un symbole, une allié, et une évidence déconstruite n’est que chagrin “

C’est un catalogue des parties de Charrette que vous voyez exposé, rien ne manque, rien n’a été ajouté, le squelette gît dans sa propre enveloppe dans la galerie comme si son histoire n’avait jamais commencée, ou que tout était encore à construire. C’est la mort de Charrette, le constat de l’impossibilité momentanée de la volonté de construire, c’est peut-être la personnification d’un temps de pause (ou errance) nécessaire à la réintégration de nouvelles données. Les restes sont rangés, il est ou attend, ou pour prendre la formule de gilles Deleuze c’est une chose ‘en état de devenir’. Au dessus des restes de Charrette, les images flottent comme dans un rêve méditatif.

La vidéo de James Tabbush documente le processus de déconstruction / reconstruction de l’objet sculptural. Le film se penche sur la manipulation physique de l’objet, le temps, le désir d’assemblage, questionnant plus largement la vie des marchandises démontées puis emballées par les douanes, qui voyagent au-dessus de l’océan ou par voie aérienne, se reconstituant dans notre vie quotidienne, avec leurs histoires cachées. Dans le film, on voit rarement l’intégralité de ce qui se fait ou se décompose, seules les mains qui défont les liens, créent un nouvel ordre et cataloguent les restes. Entrant et sortant de la focalisation, ces actions font partie d’un processus plus large d’entropie et de réintégration.

Ce travail composé de deux oeuvres distinctes réunies témoigne aussi de l’amitié entre les deux artistes qui ont poussé la lourde Charrette dans les galeries, les ateliers et les rues de Londres . En 2017, Charrette avait été exposé à Londres dans l’exposition ‘The Line of Flight’ (la ligne d’envol), James Tabbush y avait exposé la vidéo ‘Audience’ à ses côtés.

“ La vidéo de James ne raconte pas mon histoire, je n’en suis pas le sujet, les mains qui manipulent les morceaux de bois pourraient être celles d’une autre et la charrette un radeau ou un brancard de fortune, cependant quand je la regarde je ne peux pas m’empêcher d’y voir ma Charrette, notre amitié et un passé révolu. “

 

Photos de l’exposition


ETRE CHARRETTE ( Déconstruite), James Tabbush (vidéo), Lorraine Thomas ( Sculpture)


Vue d’ensemble


Continent Vert, peinture acrylique sur savon de Marseille sur miroir, Lorraine Thomas 2020


Scan des croquis de Lorraine Thomas sur papier sur table lumineuse


Vue de l’exposition, peintures de Lorraine Thomas


Baise en Ville, peinture objet, scotch papier sur peinture sur toile, poignée, 90 x 60 cm, Lorraine Thomas